Favoriser l’autonomie des enfants avec la méthode Montessori

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Les choses qu’il voit ne vont pas seulement dans sa mémoire ; elles forment une partie de son âme.

Maria Montessori

Un enfant qui gagne en indépendance fait souvent la fierté de ses parents. En plus de gagner en confiance en soi, l’enfant est beaucoup plus responsable dans ses gestes au quotidien. Comment la méthode Montessori peut-elle favoriser l’autonomie des enfants ? Les détails dans cet article.

Pouvoir dire que son enfant est autonome constitue une des principales attentes des parents. Un objectif vers lequel tendent une grande partie de leurs efforts. Dans le système éducatif standard, l’instructeur est cet adulte qui cadre et qui régente. La méthode Montessori se propose quant à elle de « corriger » cette perception avec, à la clef, l’assurance que l’enfant gagne en épanouissement et en autonomie.

Qu’est-ce que l’autonomie ?

L’autonomie des enfants s’illustre comme un des piliers sur lequel repose la pédagogie Montessori. Elle est primordiale pour la construction d’un citoyen responsable et impliqué dans sa communauté.

Confucius disait il y a plusieurs siècles de cela avec génie :

« Si tu donnes un poisson à un homme, tu le nourris pour un jour. Si tu lui apprends à pêcher, tu le nourris pour la vie ».

Cette pensée résume de manière assez juste le concept d’autonomie.

Étymologiquement, le terme « autonomie » est issu du grec « autos » qui veut dire « soi-même » et de « nomos », qui renvoie à la loi. Par définition, l’autonomie est donc l’aptitude à se « gouverner » soi-même par le biais de lois qui nous sont propres. Toutefois, pour qu’elle soit complète, une personne « autonome » doit être en mesure de reconnaître ce même droit aux autres.

Pendant des décennies, l’autonomie était une valeur que les anciens assimilaient à une dimension morale. Elle ne présente pas de restrictions et peut s’appliquer à différents domaines de l’existence humaine. Ainsi, dans le cadre pédagogique, elle pourrait s’identifier à la capacité de prise en charge de son apprentissage. Dans cette vision, un individu n’est plus seulement spectateur, mais bel et bien acteur de sa formation. Il l’exprime notamment dans la compréhension profonde de l’utilité d’une tâche et de son accomplissement.

De ce fait, le concept d’autonomie des enfants dans une structure éducative suppose de déterminer la méthodologie qui permettrait à l’enseignant d’amener ses élèves à faire des actions réfléchies. Y parvenir serait alors la garantie d’une classe avec Montessori épanouie où les élèves peuvent s’autoréguler et par ricochet, transposer cette faculté plus tard à leurs actions d’intégration au sein de la société.

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L’autonomie selon la vision Montessori

Exploiter la vision montessorienne dans la construction de l’autonomie des l’enfants viendrait à considérer l’enseignant non pas comme un savant, mais comme un adulte qui perçoit et qui valorise la nature véritable de l’enfant. En effet, Maria Montessori répétait à maintes reprises que le principal écueil de la pédagogie standard est cette habitude à « faire à la place de l’enfant ». Elle arguait :

« Cette aide inutile apportée à l’enfant est la première racine de toutes les répressions et, par cela même, des dommages les plus dangereux que l’adulte puisse lui apporter ».

Dans le cadre de sa méthodologie, le médecin d’origine italienne préconisait au jeune enfant des exercices et des activités menés sans l’intervention de l’adulte, à moins que cela ne soit réellement nécessaire. Dès lorsqu’on lui a montré comment faire, en grandissant, l’enfant peut se mettre seul à table sans qu’il ne soit besoin de hurler après lui, de se nourrir seul, de se laver seul, de s’habiller ou de se coucher de lui-même.

Pour gagner en autonomie, Maria Montessori avance que l’enfant a davantage besoin de « faire par lui-même », d’explorer, de se découvrir et de parvenir à la compréhension des mécanismes qui régissent son environnement. De cette manière, il sera à même de « révéler » ses potentiels et sa personnalité.

Dans ce schéma novateur, l’absence d’aide est le précurseur de l’autonomie. Si le principe semble accessible en théorie, dans les faits, la mise en pratique de cette méthodologie peut demeurer floue. Comment en effet gérer une classe d’élèves « autonomes » ? De même, quels enseignements un parent peut-il retirer de la pédagogie Montessori pour pouvoir l’appliquer à la maison ?

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Les différents types d’autonomie

Contrairement à la pensée commune, l’autonomie est une généralité qui englobe différentes sortes d’aptitudes. Pour être pleinement compris, le concept doit être défini selon ses diverses facettes.

L’autonomie affective

Capitale, elle nécessite de pouvoir se libérer progressivement de la dépendance cultivée à la naissance vis-à-vis des adultes ou de ses pairs.

L’autonomie matérielle

Dans le cadre pédagogique, elle renvoie à la faculté à se repérer dans un espace scolaire et dans l’organisation de la classe. Elle englobe également la capacité à entretenir son matériel d’école Montessori et à se positionner au sein d’un espace matériel.

L’autonomie physique

Il s’agit de la capacité à prendre conscience de son potentiel physique et la vision nette de son schéma corporel. Elle s’acquiert par la répétition de gestes quotidiens.

L’autonomie temporelle

Souvent négligée chez les enfants, elle comprend la maîtrise de la notion de temps proche et lointain ainsi que la mesure du temps. Elle se manifeste notamment par la conception de projets et par la prise de conscience de l’existence d’un rythme temporel.

L’autonomie spatiale

Cette notion suppose l’aptitude à se repérer dans l’espace proche, puis dans un espace plus éloigné. Elle évoque également le passage de l’espace vécu à l’espace parlé.

L’autonomie intellectuelle

Se développant plus tardivement, elle est favorisée par le recours à certaines méthodes pédagogiques. Ce sont entre autres des procédés visant à « apprendre à apprendre », la délimitation d’objectifs ou encore la pratique d’une auto-évaluation.

Ainsi, dans le concept même d’autonomie, il est impossible de ne pas considérer ces diverses aptitudes tant elles sont complémentaires et débouchent sur un tout.

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Qu’est-ce que l’esprit absorbant chez les tout petits ?

La méthode Montessori bébé a fait jaillir une notion jusqu’alors méconnue, celle de l’esprit absorbant chez l’enfant en bas âge. Tout au long de ses travaux, Maria Montessori a émis l’hypothèse selon laquelle les enfants avaient la possibilité « d’absorber » des aptitudes et de les assimiler assez rapidement.

C’est une faculté qui serait optimale durant les 6 premières années de vie et qui tendrait à s’atténuer au fur et à mesure que l’on grandit. La pédagogue assimile alors l’enfant à une éponge dans la mesure où sans en être conscient, il se nourrit de ce qu’il perçoit dans son cadre de vie. De ce fait, plus un environnement est captivant, plus ses chances d’acquérir des apprentissages sont importantes.

Il est tout à fait avéré que dès son plus jeune âge, un enfant a une véritable aisance et une rapidité à acquérir des subtilités de langage, si tant est qu’il s’en imprègne assez tôt. Parallèlement, un adulte aura plus de difficultés à maîtriser une nouvelle langue et aura besoin de davantage de travail et d’investissement personnel avant d’y parvenir. La pédagogie Montessori propose de ce fait d’exploiter l’esprit absorbant de l’enfant pour contribuer au développement « naturel » de son autonomie.

Développer l’autonomie de l’enfant avec Montessori

Durant ses années de travail auprès d’enfants souffrant de déficience mentale, Maria Montessori avait déterminé des facteurs capitaux à prendre en compte pour permettre le développement et l’accélération de l’autonomie d’un enfant.

Aménager l’environnement

L’acquisition de l’autonomie des enfants passerait par la création de divers espaces qui soient adaptés à la taille et à l’avancement de l’enfant. Ces cadres de vie savamment étudiés doivent présenter un mobilier accessible, des matériels éducatifs libres d’accès ainsi qu’une décoration épurée et favorable à la concentration. Cet environnement préparé (adapté) doit être conçu pour que l’enfant puisse se mouvoir librement, se repérer facilement et s’adonner à une activité sans avoir besoin de l’aide d’un adulte.

L’adulte facilitateur

Dans la quête de l’autonomie de l’enfant, il est important que l’adulte joue le rôle d’un « intermédiaire » discret, bienveillant et soucieux des besoins de l’enfant. Il doit pouvoir se montrer disponible en proposant des activités stimulantes pour l’enfant tout en respectant ses demandes et son rythme.

Les classes multi-âges

Dans une structure pédagogique standard, les âges sont généralement compartimentés dans des classes différentes. A contrario, la méthode montessorienne préconise le mélange des enfants pour une certaine homogénéité au sein de groupes dits « multi-âges ». Ce contexte de diversité serait propice aux partages entre plus âgés et plus jeunes qui seront alors en mesure de se stimuler réciproquement. C’est là un climat propice à l’entraide et à la transmission de connaissances.

L’importance de la manipulation d’outils

En mettant au point sa pédagogie, Maria Montessori a entamé une réflexion axée sur l’enjeu des objets pouvant favoriser l’autonomie des enfants. Elle a par la suite prôné l’importance de l’emploi d’un matériel éducatif spécialisé dont la vocation serait de susciter chez l’enfant l’envie d’apprendre en manipulant. De manière totalement autonome, il s’exerce à diverses activités présentant un caractère progressif.

Le climat d’apprentissage

Si les concepts de liberté et de discipline tendent à s’opposer dans la perception collective de l’éducation, elles sont pourtant combinées dans l’éducation Montessori. Cela passe notamment par l’absence de plages horaires d’activités pour que l’enfant soit parfaitement libre de réitérer une tâche autant qu’il le souhaite. De cette manière, il peut développer son autodiscipline ainsi que son envie d’apprendre.

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Les matériels Montessori pour favoriser l’autonomie

C’est à force de manipulations et d’expérimentations que l’enfant entretient sa faculté de compréhension et sa motricité. Aiguisant par la même occasion son autonomie, il découvre peu à peu ses atouts, ses possibilités et ses limites. Au fur et à mesure des activités, il acquiert le sens des responsabilités et construit son estime de soi, d’où l’importance des jeux Montessori.

La tour d’empilage rose

La Tour Montessori est composée de 10 cubes roses de 1 à 10 cm que l’enfant doit empiler les uns sur les autres pour pouvoir maîtriser la notion de taille. Comme les blocs sont pleins, l’enfant peut facilement percevoir à l’œil les erreurs. En s’exerçant à cette activité, il aiguise sa concentration et apprend à contrôler ses gestes.

Le premier jouet Montessori

Activité classique dans le cadre de la méthode Montessori, il permet à l’enfant de travailler sa coordination œil/main ainsi que sa motricité fine. Ce jeu est aussi favorable à la compréhension de la permanence comme l’enfant saisit que la balle existe toujours même s’il ne la voit pas.

Les cadres d’habillage Montessori

Ce sont cinq cadres permettant de développer des compétences de vie pratique chez l’enfant qui apprend à s’habiller seul et à répéter des gestes simples du quotidien.

Les tablettes rugueuses Montessori

C’est un matériel composé de 10 tablettes que l’enfant peut manipuler et classer jusqu’à retrouver des paires de rugosités. Il permet de favoriser la perception tactile ainsi que la capacité d’organisation de l’enfant.

Les tablettes thermiques Montessori

C’est une boîte compartimentée présentant 5 paires de tablettes conçues dans des températures variées et différentes matières : le bois, le liège, le feutre, le marbre, le fer et le verre. En les touchant, l’enfant perçoit la variation de sensations.

Parentalité et autonomie de l’enfant : nos conseils

Il est tout à fait possible d’appliquer les préceptes de l’éducation Montessori à la maison pour aider l’enfant à gagner en autonomie. Stimulez votre bout’chou en lui confiant des tâches à accomplir au quotidien pour qu’il puisse développer de nouvelles compétences. En le responsabilisant, vous contribuerez à créer chez lui le sentiment d’être utile et valorisé. Encouragez la prise d’initiatives en laissant le bébé Montessori s’impliquer dans certaines corvées de la maison. Cela renforcera son sentiment d’appartenance au cercle familial.

Prenez conscience de son rythme et ne vous alarmez pas, car chaque enfant évolue à sa manière. Accompagnez-le avec bienveillance même si votre patience s’en trouvera parfois mise à rude épreuve. Encouragez la répétition d’une activité jusqu’à sa complète maîtrise.

N’intervenez que si votre aide est sollicitée. Autrement, cela voudra dire que votre enfant pense pouvoir se débrouiller seul. Pour qu’il puisse procéder à des choix pleinement réfléchis, proposez-lui quotidiennement des petites prises de décision. Cela peut intervenir dans le choix de sa tenue ou de sa collation. Ce réflexe l’aidera à s’affirmer, à cerner ses envies et donc à devenir autonome.

Et vous ? Quelles sont vos astuces pour favoriser l’autonomie des enfants ? Dites-le nous en commentaire.

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