Roule, roule jolie galette !

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J’ai été façonnée avec le blé amassé dans le grenier

– « Le boulanger m’a mise à refroidir, mais ma plus grande passion, c’est bien de courir ! Chanter, chanter, tel est mon plaisir.

Je suis la galette, la galette

Attrape-moi si tu peux ! 

Ma dorure te donnera un petit creux

De mes effluves tu t’enivreras

Et me manger, vainement tu tenteras ! »

Elle se sauva sans attendre son reste, si vite que le boulanger n’y put rien. La galette roulait, roulait, guillerette et coquette, lorsqu’elle rencontra le loup gris.

– « Jolie galette, je vais te manger », dit le loup.

– « Mais non ! », s’écria la galette, « écoute plutôt ma chanson ».

Profitant que le loup soit distrait, la galette se sauva si vite qu’elle laissa son poursuivant contrit. Elle roulait, roulait, joyeuse et délicieuse, lorsqu’elle rencontra un gros ours.

– « Galette, je vais te manger », grogna la bête.

– « Mais non ! », s’écria la galette, « écoute plutôt ma chanson ».

Puis elle se sauva si vite que l’ours ne put que voir son repas lui échapper. Elle roulait, roulait, toujours plus loin, lorsqu’elle tomba sur le renard. Mais la galette ignorait qu’elle avait à faire là au plus malicieux des animaux des bois. Futé, ce dernier lui dit en la voyant :

– « Bonjour, jolie galette ! Tu es joliment ronde et parfaitement blonde. »

– « Oh que tu as bon goût », minauda fièrement la galette.

– « Mais qu’ai-je entendu ? Étais-tu donc en train de chanter ? », demanda le renard.

– « Certes, oui », répondit-elle. « Et je chante fort bien ».

– « Que chantais-tu donc ma jolie ? », continua le renard, feignant un grand intérêt.

Ravie, la galette entonna sa petite chanson :

Je suis la galette, la galette

Attrape-moi si tu peux ! 

Ma dorure te donnera un petit creux

De mes effluves tu t’enivreras

Et me manger, vainement tu tenteras ! »

Pendant ce temps, le renard se rapprocha doucement de sa proie sans qu’elle ne s’en aperçoive pour lui demander :

– « Ta voix me semble douce. Hélas ! Je suis aussi vieux que sourd, je ne t’entends guère », se plaignit le renard.

Alors la galette, désireuse de contenter son auditoire, sauta sur le nez du renard et commença de sa petite voix :

Je suis la galette, la galette

Attrape-moi si tu…

Mais soudain, ham ! Le renard n’en fit qu’une bouchée. Se fier à la flatterie est assurément une sottise. Seule la raison peut garantir le salut.

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