Le pouvoir de la musique

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Fanfaron était un aigle majestueux que ses congénères admiraient et respectaient. Il aimait à voleter haut dans le ciel et taquiner les nuages qui le chassaient généralement en rouspétant.

Quel plaisir de sentir la force du vent, de s’exercer à éviter les obstacles et de fureter dans les endroits les plus reculés à la seule force de ses ailes. Fanfaron aimait les jolies choses et trouvait énormément de plaisir à se délecter de leur beauté.

Presque logiquement, l’aigle royal détestait les humains qu’il considérait comme des êtres mauvais, chahuteurs et bagarreurs. Ils brûlaient les forêts, maltraitaient les animaux et jetaient de vilains déchets dans le lac.

Oh non ! Fanfaron ne pouvaient supporter ces sombres créatures qui ne dégageaient rien de bon. Aussi, chaque fois que l’occasion lui était donnée, il ne se privait pas de jouer un mauvais tour à ceux qui avaient l’infortune de croiser son chemin.

Ainsi, par une belle après-midi, Fanfaron tomba sur des bûcherons tellement absorbés par leur besogne qu’ils ne prêtèrent pas attention à sa présence. Avec la vivacité de la lumière, l’aigle s’empara de la hache de l’un d’eux qu’il jeta sans demander sans reste dans un épais buisson.

Quel amusement de voir l’incompréhension dépeinte sur le visage bouffi de sa victime. Le pauvre se tordait sous les bosquets à la recherche de son instrument de destruction. Peu mécontent de son fait, Fanfaron prit son envol pour rejoindre son nid.

De même, un matin, alors qu’il survolait l’orée du bois, il aperçut des enfants qui s’amusaient à broyer de leurs mains les belles fleurs qui ornaient les berges du lac. Sans attendre, il descendit à pic et fonça dans le petit groupe qui s’éparpilla dans un grand vacarme, chacun tentant d’échapper à la fureur de l’aigle vengeur.

Cela leur apprendrait à ces garnements de maltraiter ainsi les trésors de la nature ! Non décidément, ces êtres n’étaient d’aucune utilité.

Ce jour-là pourtant, Fanfaron fut réveillé par une musique mélodieuse. Jamais il ne lui fut donné d’entendre un son aussi enchanteur.

Vite, se redressant, l’aigle se mit en quête de la provenance de ce chant envoûtant. Il vola, vola à ras du sol aussi vite qu’il put, mais s’arrêta net devant un gigantesque chêne millénaire qui bloquait son passage.

– Qui es-tu ? Que veux-tu, lui demanda ce dernier.

– Excuse-moi, mon bon vieux chêne. Je suis Fanfaron, le fabuleux aigle royal, maître des airs. Je cherche à savoir d’où vient ce son mélodieux. Ne l’entends-tu pas toi-même ?

– Je l’entends fort bien. Ta réputation te précède, Fanfaron. Rebrousse chemin, tu perds ton temps. Je ne pense pas que l’origine de cette musique te plaira.

– Tu sais donc qui en est l’auteur, mon ami ?

– Pour l’avoir souvent entendu, je puis te dire oui, rétorqua le chêne.

– Comme je t’envie. Laisse-moi passer si tu veux bien. J’aimerais voir ça par moi-même.

– Crois-tu pouvoir faire preuve d’ouverture d’esprit et apprécier cette beauté sans préjugés aucun ? s’enquit le chêne. Autrement, je te conseille de retourner à ton nid, au risque d’être profondément contrarié.

Fanfaron était confus, mais il voulait coûte que coûte entendre cet enchantement de près.

– Je ne comprends pas tes raisons, vieux chêne. Toutefois, si tel est ton désir, je fais la promesse de recevoir cette beauté sans jugement.

– Soit, acquiesça l’arbre.

Sur ce, il s’écarta pour laisser à Fanfaron assez de place pour passer.

– Merci, mon ami !

Fanfaron reprit de plus belle ses recherches et se rapprochait maintenant de l’origine de la mélodie. Il prêta attention à ce son merveilleux qui l’enivrait.

Quelle ne fut sa surprise lorsqu’il découvrit que celui qui jouait aussi bien n’était autre que son pire ennemi : un humain ! Une fillette aux boucles d’or se tenait au bas de l’arbre avec un étrange instrument produisant un doux sifflement.

En apercevant l’oiseau qui la dévisageait, la fillette s’arrêta net de jouer.

– Ne t’arrête donc pas de jouer, lui dit Fanfaron.

– Je ne peux pas, je ne peux plus, lui répondit-elle.

– Mais pourquoi cela ?

– Parce que j’ai peur que tu en profites pour me faire un vilain tour, se défendait l’enfant.

– Oh, mais tout ça, c’est du passé, ne t’en fais pas. J’ai fait une longue route pour te trouver. Ta musique est si belle qu’elle m’a envoûté. Dès lors, je ne pourrai que t’aimer.

À partir de ce jour-là, Fanfaron se montra plus respectueux envers les humains.

– Peut-être, se disait-il que celui-ci cache un incroyable don de musicien. Je vais donc le laisser tranquille.

Sa rencontre avait convaincu Fanfaron que les humains n’étaient pas tous foncièrement mauvais. Au contraire, certains pouvaient être surprenants et créer cette beauté à laquelle il tenait tant.

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