Suzette et sa robe en noir et blanc

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Il était une fois dans une ferme dans une campagne éloignée, une belle vache normande répondant au nom de Suzette. Elle avait sur tout le corps des taches noires.

La vie à la ferme était des plus paisibles. Elle y avait de nombreux amis de toute sorte avec qui elle partageait des jeux rigolos. Elle donnait du bon lait et était appréciée, lui semblait-il, de tout le monde.

Toutefois, Suzette avec un problème qui gâchait parfois ses journées : elle n’aimait pas ses taches ! Oh, si elle avait pu s’en débarrasser !

Ce matin-là, comme tous les matins, Suzette sortait de l’étable et accueillait les premiers rayons du soleil. Il faisait beau, mais l’humeur de la vache n’était pas à la fête. Elle croisa son amie Pilla, la souris.

– Tu as mauvaise mine, ma Suzette. Mais que se passe-t-il donc ?

– Bof, répondit Suzette. Comme d’habitude, je n’aime pas la vision de mes taches. Notre voisine Capucine a bien de la chance elle, soupira la vache. Elle est si jolie avec sa robe unie.

Capucine était la vache limousine d’à côté qui arborait une soyeuse robe brune et qui plus est, sans la moindre tache. Comme elle était chanceuse envia Suzette.

Pilla était fort peinée de voir son amie malheureuse et chercha de quoi lui changer les idées, mais en vain. Elle lui proposa malgré tout une balade dans le pré.

Côte à côte, elles avançaient tête baissée à travers champ. Soudain, Suzette se roula dans la boue, laissant sa camarade saisie d’étonnement. N’en croyant pas ses yeux, Pascal, le cochon, l’interpella :

– Mais que fais-tu, Suzette ? As-tu perdu la tête ?

Encore couverte de boue, Suzette se releva et répondit :

– Je n’aime pas mes taches. Comme je ne peux pas m’en débarrasser, j’ai pensé que je pouvais peut-être les cacher. Qu’en pensez-vous ? s’enquit-elle auprès de Pascal et Pilla.

– Les vaches ne se roulent pas dans la boue voyons ! C’est le loisir des cochons, gronda-t-il.

– Certes, ta robe est désormais marron comme celle de Capucine, argua Pilla, mais la boue dégouline de partout !

– Quel spectacle ! s’exclama Jeannot, le lapin.

– Je ne suis pas sûr qu’ainsi affublée, ton lait soit toujours aussi bon, Suzette, ajouta Théodore, l’agneau. Regarde tes pis, ils sont tout pleins de terre !

Suzette se débarrassa de la boue et continua tristement son chemin quand elle croisa Dino, le chat peintre. Il lui vint alors une idée ! Et si Dino lui dessinait quelque chose ?

– Bonjour, Dino, dit-elle gaiement. Te voilà encore à rêvasser ! Dis-moi, ferais-tu quelque chose pour moi ?

– Bonjour, belle Suzette. Que veux-tu, c’est le lot des artistes, plaisanta Dino. Que puis-je pour toi ?

– Pourrais-tu arranger ma robe en faisant un de tes jolis dessins ?

– Mais pourquoi cela, s’étonna le chat.

– Je n’aime pas mes taches. Je trouve ma robe bien terne, expliqua Suzette les larmes aux yeux.

– Je ne trouve pourtant aucun défaut à ta robe, répondit Dino, mais voyant la détresse de la vache, il consentit à peindre de jolies fleurs printanières autour de ses taches.

Mais là encore, les animaux de la ferme s’en mêlèrent. La plupart trouvaient l’idée totalement saugrenue. Les oies, les reines des commérages, n’épargnaient aucune raillerie à la pauvre Suzette.

– Une vache couverte de peinture ! Quelle plaisanterie ! S’indignaient-elles.

– On se croirait au cirque, lança Anne-Paule, la vilaine poule.

Peiné de la tournure des événements, Pascal tenta de rassurer la vache :

– Je ne te comprends pas. Tu es très belle avec tes taches. Ce n’est pas la peine d’en faire autant pour changer.

– Tu ne peux pas comprendre, s’insurgea Suzette. Je suis la seule ici à être en noir et blanc. Comme j’aimerais avoir une belle robe colorée et unie.

Soudain, Pilla arrive, tout essoufflée. Elle avait réfléchi toute la journée au moyen de rendre le sourire à son amie :

– Viens, Suzette. J’ai trouvé quelqu’un qui peut t’aider.

À la grande surprise de la vache, la souris l’emmenait au pré voisin, chez Capucine ! Guillerette dans sa magnifique robe brune, cette dernière fascinait toujours autant Suzette.

– Bonjour, Suzette, dit modestement la vache limousine. Pilla est venue me voir pour m’expliquer ton souci. Pour t’aider à voir les choses autrement, je voudrais te montrer quelque chose.

– Vois-tu, dans ce livre, tu trouveras nombre d’animaux élégants qui ont les mêmes taches que toi. Il y a notamment le zèbre d’Afrique, le panda d’Asie, le lémurien de Madagascar ou encore le dalmatien.

– Ce sont de véritables célébrités qui affichent fièrement leur robe en noir et blanc. De plus, sais-tu que certains des plus beaux animaux au monde ont également des taches ? Comme le guépard, le lynx ou la panthère. Comme j’aimerais avoir ta chance, s’exclama Capucine.

En regardant les photos, Suzette voyait en effet de très belles taches sur des animaux qui en paraissaient encore plus beaux. Elle remercia alors chaleureusement Capucine de lui avoir permis de découvrir ces merveilles de la nature et commença à regarder ses taches sous un tout autre œil. Finalement, elle pensa pour elle-même :

– Et si j’étais aussi jolie que ce que tout le monde dit ?

Elle gambada alors joyeusement vers son étable, le cœur léger et la robe luisante de cette nouvelle confiance qu’elle avait tant désirée.

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