Sur les traces de Maman Ours

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Il était une fois, dans une forêt escarpée, une joyeuse famille d’ours qui avait trouvé refuge dans le creux d’un gros arbre où a été aménagée une coquette litière de branchettes et de mousse. Maman Ours y vivait avec ses deux petits : Timi et Souka, tous deux nés au début de l’année.

Les journées passaient paisiblement, ponctuées de belles ballades le long du cours d’eau, durant lesquelles Timi et Souka tenaient rarement en place et prenaient plaisir à éclabousser leur maman. S’en suivait alors un délicieux festin composé de champignons, de racines et de juteuses baies du coin.

Pour Maman Ours qui est une grande dormeuse, le soleil couchant était propice au repos après une matinée harassante à surveiller les petits. Toutefois, elle ne dormait généralement que d’un œil, Timi lui réservant parfois des surprises toujours plus saugrenues, comme la fois où l’ourson avait trouvé tordante l’idée de décorer leur refuge avec une jolie plante qui était en fait urticante. Ce soir, tout du moins, espérait-elle passer une soirée plus tranquille.

Au petit matin cependant, alors qu’il commençait à peine à se réveiller, Timi sentit une atmosphère peu habituelle. Au-dehors, de petits amas blancs semblaient tomber du ciel et venaient former un tapis blanc au sol. Curieux et toute à sa joie de conter sa trouvaille à sa sœur, il sortit à toute hâte de la litière et s’arrêta net en foulant l’étrange manteau froid. Vite ! Il fallait qu’il réveille de ce pas Maman et Souka !

– « Maman ! Réveille-toi ! Dehors, des boules blanches et froides recouvrent le sol ! », claironna Timi.

Alertée par les cris du petit, Maman Ours ouvrit les yeux, sortit à contrecœur de sa douce somnolence et s’étira.

– « Cesse donc ces cris de bon matin, Timi », gronda-t-elle, jetant un regard circulaire sur les alentours de leur refuge. « Oh, mais il neige ! », s’écria-t-elle.

– « La nei-ge ? » reprirent en chœur Timi et Souka. « Qu’est-ce que c’est ? »

Très sérieusement, Maman Ours expliqua : « Chaque année, une fois que les arbres et les plantes ont livré une grande partie de leurs ressources, la Nature fait tomber ces gros flocons pour signifier un repos à toute la forêt. D’ailleurs, nous ferions mieux de rejoindre une nouvelle tanière plus en altitude, au risque de nous retrouver piégés ».

– « Nous allons donc partir sous la neige ? », s’inquiéta Souka.

– « N’aie crainte, ma chérie. Tant que vous resterez dans mes pas, il n’y a pas de craintes à avoir », la rassura Maman Ours. Puis se tournant vers Timi, elle le prévint : « Quant à toi, Timi, évite de t’éloigner. Je ne voudrais pas avoir à te chercher par ce temps. Suivez-moi ! Posez vos pattes exactement où j’ai posé les miens et tout ira bien ».

Faisant la moue pour manifester son mécontentement, Timi ferma la marche à sa maman et sa sœur. Ils se mirent en route, les grosses pattes de maman Ours s’enfonçant profondément dans la neige. De ce fait, elle formait un chemin plus dur sur lequel les oursons pouvaient marcher.

À tour de rôle, Timi et Souka mirent leurs petites pattes dans les trous profonds laissés par leur maman. Ce n’était pas particulièrement facile, mais la troupe continuait d’avancer. Lassé par ce jeu qu’il trouvait ennuyeux, Timi décida de couper par un raccourci et ainsi, surprendre sa maman et Souka en arrivant le premier à l’intersection située plus en hauteur.

D’abord enhardi par l’idée de les devancer, la confiance de l’ourson faiblit peu à peu, à mesure que son avancée était ralentie par la profondeur inquiétante du tapis de neige. C’est à grande peine que Timi parvenait à se frayer un passage. Craignant de rebrousser chemin et de se perdre définitivement, il regretta amèrement d’avoir désobéi à Maman Ours.

– « Moi qui pensais pouvoir m’en sortir seul », soupira-t-il. « Comme j’aimerais que Maman Ours et Souka soient là », gémit-il.

Soudain, dans la brume, il perçut une forme imposante qui venait vers lui. Croyant avoir affaire à une bête sauvage, il prit peur et demeura figé. Au loin, il entendit :

– « Timi ! Petit coquin ! Te revoilà ! »

Oubliant sa frayeur et envahi par le soulagement, l’ourson s’élança en direction de sa maman qui le réconforta tendrement.

– « Quelle mauvaise blague as-tu encore essayé de nous faire », plaisanta Souka.

– « Je croyais que j’allais tomber et me perdre dans la neige », sanglota Timi.

– « Maintenant, vous voyez à quel point il est important de suivre les traces des plus grands », dit Maman Ours. «  Si vous vous écartez du bon chemin en pensant trouver un raccourci, vous pouvez vous égarer ».

– « Oui », dirent ensemble Timi et Souka.

Et c’est de cette façon qu’ils réussirent à rejoindre sans encombre leur toute nouvelle tanière où ils seraient en sécurité pour l’hiver. Pour sa part, Timi n’oublierait jamais cette leçon si durement apprise.

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